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  • Archie SheppArchie Shepp est saxophoniste de jazz, compositeur, mais aussi poète engagé et dramaturge. Son œuvre reven- dique cette aspiration à la liberté dont le jazz est devenu le symbole. Musique du 20e siècle s’il en est, le jazz est né à l’époque du premier conflit mondial, puis s’est propagé, notamment par le relais direct des soldats américains. Le jazz a été la bande-son de tous les conflits, de toutes les révoltes, de nombreuses luttes sociales (Seconde Guerre mondiale, mouvements pour les droits civiques, guerres de décolonisation). A l’image de cette musique, Archie Shepp a toujours fait preuve d’une sensibilité éprise de justice et de liberté.

     

     

    Pour en savoir plus sur la cérémonie de remise du titre de docteur honoris causa : http://www.1914-2014.univ-paris8.fr...

     

     

    Biographie

     

    Jeunesse :

     
    Saxophoniste, compositeur, pianiste, chanteur, poète politiquement engagé, dramaturge, Archie Shepp est une légende.
    Archie Shepp est né en 1937 à Fort Lauderdale en Floride.
    Il a grandi à Philadelphie, étudia le piano, le saxophone et suivit le lycée à Germantown ; il poursuivit ses études à l’université, s’intéressa au théâtre, rencontra des auteurs et des poètes, parmi lesquels LeRoi Jones aka Amiri Baraka, et écrivit « le Communiste », une pièce allégorique sur la situation des Noirs Américains. À la fin des années cinquante, Archie Shepp a aussi rencontré la plupart des musiciens radicaux de l’époque : Lee Morgan, Bobby Timmons, Jimmy Garrison, Ted Curson, Beaver Harris... sa conscience politique a trouvé une expression dans des pièces et productions théâtrales qui lui permettaient à peine de gagner sa vie. Au début des années soixante, il rencontra le pianiste Cecil Taylor et fit avec lui deux enregistrements qui furent déterminant.

     
    Les années 1960 :

     
    En 1962 il signa son premier enregistrement comme le co-leader avec Bill Dixon.
    Durant l’année suivante, il créa le [groupe d’avant-garde] New York Contemporary Five avec John Tchichai, réalisa quatre enregistrements pour les labels Fontana, Storyville et Savoy et voyagea en Europe avec ce groupe. À partir d’août 1964, il travailla avec le label Impulse [pour lequel] il réalisa 17 enregistrements parmi lesquels, « Four For Trane », « Fire Music », et « Mama Too Tight », quelques-uns des classiques de la free music. Sa collaboration avec John Coltrane se concrétisa ensuite avec l’album Ascension en 1965, véritable tournant de la musique d’avantgarde.
    Son militantisme se concrétisa avec sa participation à la création de la Composers Guild avec Paul et Carla Bley, Sun Ra, Roswell Rudd et Cecil Taylor.

     

     
    Un artiste de premier plan et un intellectuel :

     
    En juillet 1969, il se rendit pour la première fois en Afrique pour le Festival Panafricain, à Alger, où vivaient beaucoup de militants Noirs Américains. À cette occasion, il enregistra en direct pour [le label français] Byg le premier de six albums dans la série Actuel du nom du magazine de l’époque. En 1969, il commença à enseigner l’Ethnomusicologie à l’Université d’Amherst, dans le Massachusetts ; en même temps, il continua de voyager dans le monde entier en continuant à exprimer son identité de musicien Africain-Américain.

     
    Le dictionnaire du Jazz (Robert Laffont, Bouquins 1988) le définit de la façon suivante sous la plume de Jean-Pierre Moussaron : « Personnalité artistique et intellectuelle de tout premier ordre, Archie Shepp, musicien phare de l’avant-garde free, a su rejoindre, sans abandonner l’essentiel de cette esthétique, la "voie royale" de l’art jazzistique. En développant une large poly-instrumentalité : ancien altiste, il joue aussi du soprano depuis 1969, du piano depuis 1975, et, plus récemment, chante, à l’occasion, blues et standards ».
    Il peuple son monde musical avec des thèmes et des éléments stylistiques fournis par les plus grandes voix du jazz : d’Ellington à Monk et Mingus, de Parker à Silver et Taylor. Sa capacité technique et émotionnelle lui permet d’intégrer dans son propre jeu les divers éléments hérités des Maîtres du ténor de Webster à Coltrane, mais selon sa combinaison personnelle : la rudesse de ses attaques, un son massif sculpté par un vibrato maîtrisé dans toutes les tessitures, ses phrases portées jusqu’à l’essoufflement, ses brusques changements de volume, l’intensité de ses tempos, mais aussi la tendresse veloutée tissée dans une ballade. Son jeu approfondit systématiquement l’esprit des deux visages de la musique noire américaine originelle : blues et spirituals. Son travail avec les classiques et avec ses propres compositions (Black Water Blues or Mama Rose de Bessie Smith) contribuent à maintenir en vie le pouvoir d’étrangeté de ces deux musiques dans leur relation à la musique européenne et s’expriment dans un mélange unique de violence blessée et de nostalgie séculaire.

     

    La portée de son travail, qui a connu dans les années quatre-vingt une certaine urgence (aux dépens de quelques contradictions), est un témoignage de ce qu’en 1988, Archie Shepp était avec Sonny Rollins un des meilleurs interprètes dans l’histoire babélienne du jazz.

     
    Avec sa sensibilité éprise de liberté, Archie Shepp a apporté une contribution inestimable à la collecte, la médiatisation et l’invention du jazz.

     

    Comme musicien, compositeur et multi-instrumentiste (même s’il est principalement connu comme saxophoniste) Archie Shepp a participé à plus de 170 séances d’enregistrements dont 120 en tant que leader, sur une période qui s’étend de 1960 à nos jours. Reconnu aussi comme universitaire et défenseur de la cause Africaine-Américaine, il est régulièrement consulté par les media (en France du moins) pour ce qui concerne cette question. Depuis 2009, il est Docteur Honoris Causa de l’université de Liège.

     

     

    Pour en savoir plus : www.archieshepp.net

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